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Cycliste agressé : 3 ans de prison dont 2 avec sursis pour le chauffeur

Cycliste agressé : 3 ans de prison dont 2 avec sursis pour le chauffeur

Vendredi 24 juin à 06h55

actualite

Le prévenu, âgé de 50 ans, a été condamné ce jeudi lors d'un procès très suivi.

Trois ans de prison dont deux avec sursis probatoire. C’est la peine prononcée à l’égard du chauffeur du camion-benne qui a renversé et agressé un cycliste en janvier dernier à Semussac. Le prévenu de 50 ans était jugé pour violences volontaires ce jeudi 23 juin 2022 au tribunal judiciaire de Saintes. Une audience particulièrement incisive, avec aussi la présence d'une quarantaine de cyclistes venus soutenir leur camarade agressé.

"Les faits sont pourtant relativement simples, malheureusement". Le président du tribunal insiste à de nombreuses reprises. Il a d’ailleurs longuement pris le temps de revenir sur cette journée du 11 janvier 2022. Sur un petit chemin entre Semussac et Royan, Alexandre, habitué des journées à pédaler dans le secteur, est percuté puis tabassé par un homme de 50 ans et son fils. L’explication avancée serait que le cycliste a fait un doigt d’honneur au camion-benne lorsqu’ils se sont croisés. La victime, de son côté, assure qu’elle a fait un geste de la main pour faire ralentir le poids-lourd.

Seulement voilà, l’agresseur et son fils ont fait demi-tour, ont coupé la route du vélo en le percutant, et sont descendus pour en découdre physiquement. "Deux ou trois coups de poing au moins", martèle le président. "Une claque puis des coups", répond le prévenu, ajoutant que la victime s’est accrochée à son fils. "Assumez vos actes, monsieur ! Certes il y a du monde dans la salle, mais assumez !", s’agace le président. "Vous avez même dit à Alexandre : je vais te mettre une branlée".

Habillé d’un polo foncé, le prévenu assiste ensuite, stoïque, à la version d’Alexandre. La victime prend le temps, elle aussi, de raconter son histoire. "Ça m’a semblé durer une éternité quand j’étais au sol", explique-t-il. En réalité, la scène ne dure que quinze secondes à peine. Quinze secondes où les agresseurs ont eu le temps de casser le nez du cycliste, de lui provoquer deux traumatismes, sans parler des œdèmes et hématomes sur son corps. Ses lunettes, son casque et son vélo ont été très endommagés.

"Aujourd’hui, je n’ai plus confiance. J’ai du mal à reprendre une vie normale. Mes proches m’accompagnent pour sortir", souligne Alexandre dans une voix tremblante. La vidéo de la scène, filmée par la GoPro d’Alexandre, est diffusée à deux reprises dans la salle. Les cyclistes, venus en nombre pour soutenir leur camarade, ont le souffle coupé. La scène est d’une rare violence. Pourtant, à la vue des images, le prévenu ne retient qu’une chose : "Vous voyez bien qu’il s’est jeté sur mon fils". "Vous vous moquez de nous ?", s'offusque la procureure. Et d’ajouter : "Vous savez que vous encourez 7 ans d’emprisonnement et une annulation de votre permis de conduire avec interdiction de le repasser pendant 5 ans ?". Elle rappelle aussi que lors de la première audition face aux gendarmes, le prévenu a menti en reportant la charge sur Alexandre, le qualifiant de barjot avec un gros problème psychologique.

Au cours de l’audience, le prévenu, qui a cherché à minimiser tout du long, a tout de même dit regretter son acte, sans pour autant s’excuser. Avant de conclure, le président rappelle que la vidéo de la GoPro d’Alexandre a été déterminante dans ce dossier. "Sans ces images, peut-être qu’Alexandre se serait retrouvé à la place du prévenu aujourd’hui".

L’agresseur a obligation de se soigner pendant deux ans en raison de sa violence. Il devra aussi indemniser la victime. Son avocat, Maître François Drageon, a interjeté appel. Il estime que le chef d'accusation de violences volontaires avec arme par destination (le camion-benne) ne sont pas très fondées.

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