“A Rochefort, les demoiselles ne dansent plus”.
C’est le titre d’un communiqué de presse alarmiste du SNEA, le Syndicat National des Enseignants et Artistes qui annonce un préavis de grève au sein du Conservatoire de musique et de danse Michel Legrand, à partir de ce lundi 2 novembre 2026.
Une grève rarissime dans le milieu, c’est d’ailleurs une première dans l’histoire du conservatoire, selon le syndicat. C’est dire si la situation est grave. Le SNEA dénonce une grave crise managériale, il évoque des arrêts maladie en série, des départs d'enseignants et un dialogue rompu. Dans le détail, il déplore 18 alertes auprès de la médecine du travail, 8 enseignants en arrêt maladie, 3 départs définitifs depuis la rentrée, des difficultés persistantes de recrutement, et une réduction drastique de l'accompagnement musical. Conséquences : "des enseignants épuisés, des projets artistiques compromis et à terme la qualité du service public d'enseignement artistique qui est menacée".
Au coeur de cette colère : “les pratiques managériales qui sont contestées depuis plusieurs mois, l'opacité des décisions, la circulation de rumeurs et des méthodes qui contribuent à diviser les équipes”, déplore le syndicat. Luc Bartoli ajoute que les tentatives de dialogue n’ont permis aucune amélioration.
Luc Bartoli enfonce le clou en indiquant que la crise dépasse les seuls enseignants, puisqu’un questionnaire élaboré par les parents d’élèves a été empêché de diffusion. “Quand les enseignants n'osent plus parler, quand les parents ne peuvent plus s'exprimer, de quel service public parle-t-on?”, s’insurge le secrétaire général qui est descendu de Paris et a rencontré le président de la CARO, Communauté d'Agglomération Rochefort Océan, Hervé Blanché, ce mercredi 28 octobre en fin de matinée. Une oreille attentive mais pas de changement de direction pour l’instant.
Le syndicat a interpellé le ministère de la Culture pour qu'une mission d'inspection soit diligentée. “On ne reconstruira pas un conservatoire sur une confiance brisée. Car les Demoiselles de Rochefort, aujourd'hui épuisées, ne se remettront pas à danser d'un simple coup de baguette magique”, ajoute t-il. Contacté par Demoiselle, le président de la CARO Hervé Blanché n’a pas souhaité s’exprimer sur ce conflit au sein du conservatoire Michel Legrand.